Mercredi 1 octobre 2008
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Un nouveau "Visages du Monde"
Encore un roman aux éditions Coyote, direz-vous ?... Ben oui : quand on aime, on ne compte
pas !
C'est donc l'histoire de Bahia, d'une jeune adolescente complètement dépassée par ses sentiments. D'accord, le garçon est mignon, un peu plus âgé qu'elle, il sent bon l'aventure et elle
l'aime à la folie... mais ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi... Pourtant, Bahia va faire n'importe quoi. Elle ne tolère personne en travers de leur chemin et ne respecte plus que sa
propre loi.
Evidemment, les ennuis vont finir par arriver.
Mais l'histoire commence une fois tous ces évènements terminés (pas mal, hein ?). Bahia est en prison. A présent, on l'appelle Bad. Et le juge vient la voir. Avant de la juger, il veut la
comprendre. Et ça ne va pas être facile !
Vous l'avez deviné, il s'agit d'un roman à deux voix où Bad et le juge s'affrontent.
Pour écrire cette histoire, je me suis inspiré de l'histoire réelle d'une jeune prisonnière, mais j'ai bien sûr changé tous les noms.
A la fin du roman, on trouve un documentaire d'une quinzaine de pages sur la justice et l'incarcération des mineurs.
Que demander de plus ?
Ah si ! Comme toujours, une partie du livre est reversée à une association carritave. Cette fois, il s'agit de
l'Observatoire International des Prisons.
Vous comprenez maintenant pourquoi j'adore les éditions Coyote.
Ben alors ? Vous êtes encore là ? Vous n'êtes pas encore parti l'acheter !
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je suis documentaliste en collège et je viens de lire votre roman " Une ado. en prison". J'avais lu en 2000 Des barreaux pleins les yeux que je recommande souvent à mes élèves... je me pose pleins de questions sur ce nouveau texte...pourquoi 2 fois la même histoire : quelle a été votre démarche d'auteur ?
Merci pour votre message. Vous me donnez l'occasion de m'expliquer, et j'en suis ravi.
L'éditeur du roman "Des barreaux plein les yeux" envisageait de le rééditer (il était épuisé). J'étais d'accord sur le principe, mais je voulais y apporter des modifications. En effet, j'avais écrit ce roman au lancement des éditions Thierry Magnier - l'éditeur était pressé à cette époque - et je n'avais pas eu le recul suffisant pour retravailler mon roman. Je souhaitais donner plus de place au juge, revoir l'alternance, changer des détails importants pour moi... En 2008, je souhaitais aussi actualiser le propos et ajouter des notes sur l'incarcération des mineurs (l'ado qui éprouve le besoin de s'informer ne le fait pas toujours si n'a pas des éléments sous les yeux pour "amorcer" ses recherches).
Hélas, mes demandes n'ont pas trouvé échos, et il était question de simplement réimprimer le roman dans sa version originale.
L'éditeur voulant également rééditer "Vers des jours meilleurs" (pour lequel je n'avais aucune modification à faire), nous avons convenu qu'il me redonne les droits du premier roman, "Des barreaux plein les yeux", et que j'accepte la réédition du second, "Vers des jours meilleurs".
Ayant récupéré ces droits, je ne me voyais pas les revendre à un éditeur. J'ai donc proposé de les céder au profit d'une association (L'Observatoire des Prisons), par le biais des éditions Coyote Jeunesse. J'ai pu retravailler le roman à ma guise, inclure une documentation à la fin (la collection "Visages du Monde" en propose automatiquement une), mais pas réutiliser le titre (que, de toute façon, je n'aimais pas trop).
Cette histoire est lourde de sens pour moi, car elle s'appuie sur des rencontres, deux histoires réelles, en fait, et j'avais besoin de me sentir en plein accord avec ce livre.
De plus, la justice, l'idée de justice, sa compréhension, son acceptation, sa complexité, et tout ce qu'elle induit dans nos modes de vie, et bien sûr nos rapports avec les autres, est au centre de mes préoccupations, dans la vie, comme dans mon travail.
Huit ans après la première version, j'avais besoin de ces changements, essentiels pour moi, mais qui peuvent vous paraître minimes, j'en conviens.
Je suis aussi heureux d'avoir redonné de la cohérence à ce livre, à travers ces droits reversés à une association et les projets Equilivre des Editions Coyote.
Dans l'esprit de beaucoup de gens, un livre est une oeuvre figée dans le temps. L'impression, le papier, l'objet "livre" nous donne ce sentiment. Pour moi, c'est différent. Un livre n'est jamais terminé. Je choisis seulement d'arrêter de l'écrire et de le retravailler parce que l'éditeur doit le mettre en vente (dans notre intérêt commun, bien sûr).
Moi-même, je change, je m'enrichis de rencontres, de situations, de réflexions. Mon écriture progresse (je l'espère !) et l'éventail d'émotions que je peux transmettre au lecteur augmente... et il est donc naturel que je réadapte certains de mes livres si j'en ai l'occasion.
Mais je comprends que vous puissiez être choquée.
... la comparaison des deux versions est peut-être un bon sujet d'étude pour vos élèves ?
(D'accord, j'essaie de positiver !) En tout cas, je reste à votre entière disposition pour répondre à leurs questions.
N'hésitez pas.
Bien cordialement
Marc Cantin