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Pourquoi j'écris ?

  Je ne réfléchis pas beaucoup à cette question. Je veux dire, le matin, je me lève, j'avale un café, j'allume mon ordinateur et je me mets au travail. Je retrouve le plaisir d'écrire, abandonné la veille (même si ce n'est pas toujours simple).
Mais, parfois, on me pose des questions sur mon travail écrivain. Alors, forcément, je me creuse un peu les méningues, et ça donne ça :

  En tant qu’auteur français dit « de souche », quelle contribution votre voix apporte-t-elle à celles d’auteurs qui ont connu eux-mêmes ou reçu en héritage l’immigration ou l’exil ?

  À mon avis, c'est plus une histoire de sensibilité que d'origine. L'expérience est importante, mais la capacité à se mettre à la place des autres est aussi indispensable. Certaines personnes possèdent un héritage multiculturel mais sont tellement égocentriques et tournées vers leur réussite qu'elles sont incapables de partager cet héritage, et de le faire évoluer positivement.
   Avoir une démarche multiculturelle, c'est avant tout s'ouvrir aux autres, se mettre en position d'écoute.
   Selon moi, plus que le bagage culturel en lui-même, c'est l'intention qui compte, et la réflexion qui s'engage au contact des autres.
En clair, je ne me sens pas moins bien placé qu'un clandestin pour parler des sans-papiers, à partir du moment où j'ai la démarche sincère d'écouter, de partager, d'accepter d'autres idées, de remettre en question les clichés qui m'envahissent (comme tout le monde)... bref, à partir du moment où je n'abuse pas de ma capacité à écrire pour "produire" des romans destinés à me donner une image, et seulement une image, d'écrivain sensible aux difficultés des autres.

  Ressentez-vous le fait de dénoncer des problèmes sociaux ou de montrer la réalité sociale comme un devoir ? Le faites-vous par souci de réalisme, par didactisme ?

   Certains auteurs parlent d'eux-même. C'est souvent le cas en littérature adulte. Personnellement, j'écris pour parler des autres, pour leur dire ce que je perçois d'eux. Une sorte de miroir des gens et des sociétés. C'est ma façon d'écrire. Me mettre au service de la parole des autres (dans de réels recueils de témoignages comme "L'enfant des rues" ou "Les gamins des Andes") est un bonheur profond.

  Je ne me sens pas en mal de fiction dans ces moments-là. La fiction, qui m'appartient davantage, est également un vrai plaisir, mais je dois la nourrir de la vie des autres. Je ne reproduis pas alors des évènements auxquels j'ai assistés, mais je garde l'essence de certaines rencontres, des émotions partagées, de mes étonnements, des amitiés, des échanges.
   L'image du miroir, pour définir ma démarche, me semble juste.
  Mes histoires, réalistes ou fantastiques, cherchent à être le reflet du monde qui m'entoure, et je fais le nécessaire, à travers mes rencontres et mes voyages, pour que cet univers soit le plus multiculturel, et donc le plus riche possible. Je me situe donc peut-être plus dans une démarche de montrer la réalité sociale.
Tag(s) : #L'écriture

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