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Spam et plagiat envahissent l’autoédition numérique

De plus en plus d’ebooks se révèlent être des copiés/collés de livres parfois plagiés. Problème : les libraires en ligne ne contrôlent pas assez leurs contenus.

Tout le monde possède en soi de quoi écrire un livre, dit le dicton. Mais pour certains, il semblerait que la matière provienne surtout des autres. La tendance, inquiétante, s’observe de plus en plus fréquemment sur les plateformes en ligne, à propos des livres numériques. Selon Mark Coker, fondateur du distributeur d’ebooks Smashwords, ce problème est principalement dû aux Private Label Rights (PLR). « C’est une des pires menaces pour les ouvrages au format digital », confirme le chef d’entreprise.

Concrètement, les PLR sont une licence que l’on peut acheter – certains sites la vendent pour 17 euros par mois environ. Elle donne le droit d’utiliser, sous son propre nom, tout ou partie des textes d’un auteur, en fonction de ce que ce dernier décide de commercialiser de cette façon. Et pas de souci de propriété intellectuelle, puisque celle-ci est alors attachée à l’œuvre, et non à son auteur.

3 200 livres pour un seul « auteur » !

Résultat, certains espaces de ventes se trouvent pollués par ce type de contenus. Sur le site d’autoédition d’Amazon, Kindle Direct Publishing, on retrouve notamment un certain Manuel Ortiz Braschi. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que « l’auteur » est prolifique : il aurait en effet publié plus de 3 200 livres, traitant des herbes naturelles, des pouvoirs miraculeux du vinaigre ou encore de« la méthode pour devenir une arme fatale en deux semaines » (sic).

Toutefois, ni cette prolifération, ni la piètre qualité de nombre de ces ouvrages, ne constituent le problème principal, même si, comme le rappelle ActuaLitté,« ils vicient le marché de l’ebook, puisqu’ils ne nécessitent que très peu de temps pour être créés en masse ». En effet, ces deux écueils ne sont rien à côté du vol de textes encore sous droits, dont les auteurs découvrent qu’ils ont été plagiés.« Toute une lourde procédure s’enclenche alors pour parvenir à faire supprimer le texte – et souvent, avec des longueurs désespérantes… » déplore le site Internet.

Des écrivains obligés de chasser les fraudeurs eux-mêmes

Plus inquiétant encore, rapporte le Guardian, est le manque de contrôle constaté sur la plateforme Kindle Direct Publishing. Le quotidien britannique donne ainsi l’exemple d’un auteur, SKS Perry, dont les romans avaient été plagiés puis commercialisés sur le site de ventes d’ebooks d’Amazon. Après avoir bataillé pour faire retirer de la vente les livres incriminés, il s’était amusé à copier/coller un de ses ouvrages, puis à la mettre en ligne sur Kindle Direct Publishing. Il voulait ainsi vérifier si Amazon laisserait une nouvelle fois passer une copie exacte d’une de ses œuvres… ce qui s’est produit.

Dans le cas où ils voudraient faire la chasse aux usurpateurs, les auteurs ne peuvent donc compter que sur eux-mêmes. Et si aujourd’hui les fausses versions de ses romans ne sont plus disponibles sur la plateforme, SKS Perry n’a aucune certitude que son voleur ait été sanctionné…

(d’après The Guardian)

Tag(s) : #Livres Numériques

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